Adelide

Posted: 11th February 2013 by desfel in Falsetto FR
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Victorique.de.Blois.full.1359213

Papa!! Je suis tellement contente de te revoir!!

Je me retrouve au milieu de nulle part, je ne sais vraiment pas où je suis. Est-ce encore un rêve? Si c’est le cas, l’endroit est vraiment tout le contraire de ce dont j’avais rêvé avant, tout est blanc. Si ce n’est pas un rêve, alors est-ce que je me retrouve au paradis?

« Non non non!! » criai-je en secouant ma tête.

C’est impossible, je me rappelle qu’en rentrant après ma sortie avec Anna, je me suis mis au lit peu après avoir joué du piano… Alors ça doit être un rêve… Mais attends…

« Un, deux, trois… Aaaaah!! Allo!! »

Ah, je peux parler! Mais ça ne répond toujours pas à mes questions. Sachant que je n’aurais pas de réponses si je reste ici à ne rien faire, je commence à marcher, pour aller où? Je ne sais pas, seul mon instinct le saura.

Après  quelques minutes de marche, je vois au loin une sorte de silhouette d’une chose assez grande et rectangulaire. Quand je me suis approché, j’ai tout de suite compris que c’était un gros lit… Un lit très bien décoré à l’image d’une princesse… Avec un rideau en soie rouge, des bijoux qui brillent sur les cadres et des coussins rouges qui donnent l’impression que seule une majesté aura droit d’utiliser. Le lit était très grand en hauteur, il fait presque deux fois ma taille…

Après tout cet émerveillement par ma découverte, je remarquai que quelqu’un dormait sur ce chef-d’œuvre. C’était une petite fille qui ressemblait à une poupée. Comme si elle savait que je l’observais, elle se réveilla doucement, se leva lentement, bâilla et tourna sa tête vers moi avec les yeux encore à moitié fermés. C’est la même petite fille que j’avais vue dans mon rêve précédent…

Quand elle a finalement réussi à complètement ouvrir ses yeux, sa fatigue a instantanément disparu et elle sauta sur moi avec un sourire éblouissant qui lui fendait le visage en deux.

« Papa!!! Papa!! Je suis tellement contente de te revoir!! Surtout à mon réveil!! » Cria-t-elle avec sa voix angélique et douce remplie de bonheur.

Comme avant, je n’ai pas pu m’empêcher d’enrouler mes bras autour d’elle et de la serrer contre moi, comme si je l’avais connu depuis longtemps, comme si… j’avais accepté qu’elle fût vraiment ma fille. Quand j’ai relevé ma tête, j’ai remarqué qu’il y avait un mot  de gravé sur la tête de lit.

« Adelide… » Murmurai-je.

La petite fille releva sa petite tête et me regarda dans les yeux :

« Hm? Hm? »

« Adelide… C’est ton nom? » Lui demandai-je.

Elle avait l’air confus et après un moment de silence, elle me demanda tristement:

« Qu’est-ce qu’il y a papa? Tu as oublié mon nom? »

Son visage rempli de douleur m’a frappé, mais en même temps, quand j’ai prononcé son nom pour une troisième fois dans mes pensées, j’ai senti comme si j’avais retrouvé un fragment d’une mémoire qui fût perdue.

« Non non… Je voulais juste voir comment t’allais réagir… »

Elle sourit et reposa sa petite tête d’ange sur ma poitrine. Alors elle s’appelle Adelide, c’est vraiment magnifique comme nom.

« Papa? »

Sa petite voix me sortit de mes pensées.

« Oui Adelide? » Murmurai-je.

« Il faut que tu fasses attention, sinon tu risques de le perdre… » Me dit-elle avec un ton inquiet

Qu’est-ce qu’elle veut dire par là? De perdre quoi? Voulant savoir de quoi elle parlait, je lui posai ma question, mais je n’ai reçu que la réponse du silence. J’attendis un peu, pour voir si elle allait répondre, mais non, silence. Je regardai son visage et je vis qu’elle avait les yeux fermés. Elle dort paisiblement dans mes bras.

Malgré que je sois un peu inquiet par rapport à ce qu’elle vient de me dire, ne voulant pas la réveiller, je la posai doucement dans son lit et alors que je m’apprêtais à partir, je sentis une forte envie de dormir m’envahir. J’essayais de rester réveiller, mais l’envie était plus forte que moi et je finis par m’évanouir, à côté d’Adelide. Les derniers mots que j’entendis avant de complètement perdre connaissance furent les murmurent de ma présumée petite fille. « Bonne nuit papa… Bonne chance… »

~~~~~~~~~

… une fois de plus, ce n’était qu’un rêve… Ça m’étonne que je me rappelle si bien du rêve. « Bonne chance »… Ces paroles me tracassent vraiment… Que voulait-elle dire par là? Et comme la dernière fois, je sens que je ne trouverai aucune réponse si je continue à y réfléchir trop longtemps, donc je décide de mettre mes questions de côté et d’aller à l’école.

~~~~~~~~~

Comme toujours, après les cours, Antonio vient me retrouver à mon bureau et on discute un peu avant de quitter l’école. Cette fois-ci, la discussion qu’on avait m’embêtait beaucoup, il voulait tout savoir à propos de ma sortie avec Anna, surtout que depuis cette journée, selon lui, elle agissait d’une façon très bizarre…

Ça fait déjà plus de deux semaines depuis cette sortie à l’aquarium et je n’ai toujours pas croisé Anna. À vrai dire… À chaque fois que je passais près du café et que je l’apercevais, elle se dépêchait à rentrer. Je n’ai pas eu la possibilité de lui demander ce qu’elle avait à chaque fois que je rentrais pour la voir, sois elle ne travaillait pas cette journée-là, sois elle était trop occupée…

« Félix, tu es sûr que tu ne sais pas ce qu’elle a? » Me demandai Antonio.

« Non, vraiment pas… Comme je t’ai dit plus tôt, j’ai tout essayé pour la voir, mais je n’ai jamais eu l’occasion… »

« Je crois qu’elle t’évite. Tu as sûrement dû avoir fait quelque chose de mal sans le savoir. »

Il croit qu’elle m’évite? Mais pourquoi donc? Mais maintenant qu’il le dit, il est peut-être vrai qu’elle m’évite malgré que je n’aie rien fait de mal. Étant donné que la conversation commençait vraiment à m’embêter, je décide de changer de sujet et de quitter la classe.

En sortant de la classe, je croise Steph qui était toujours aussi occupée après les cours. Elle fait partie du conseil étudiant, donc c’est un peu normal qu’elle soit souvent en train de courir partout et sûrement la raison pourquoi elle travaille qu’en fin de semaine.

« Alors Félix? Est-ce que tu manques toujours de tact? Hmm? » Me demanda-t-elle avec un ton moqueur.

« Mais de quoi parles-tu? Qu’est-ce que j’ai fait cette fois? » Lui demandai-je en soupirant.

Elle me rappela la fois où je lui avais expliqué au resto que ce n’était pas un rendez-vous galant. Je lui fis savoir que ça ne l’était vraiment pas.

« Félix, si seulement t’avais vu l’expression qu’Anna avait faite quand tu avais dit ça. » Me reprocha-t-elle.

« Alors c’est pour ça qu’Anna avait l’air déprimée!! » Cria Antonio, qui écoutait attentivement notre conversation jusqu’à maintenant.

Frustré qu’il s’incrustât dans la conversation que je venais tout juste de quitter, je lui dis de se taire, ce qu’il fit aussitôt alors que Steph lui fit signe qu’elle voulait me parler seul. Comprenant que l’atmosphère devenait très sérieuse, il nous laissa après nous avoir salués. Steph me regarda dans les yeux avec un air très sérieux et me demanda avec un ton ferme :

« Félix, je voudrais savoir une chose et donne-moi une réponse honnête. Est-ce que tu m’aimes? »

Normalement, quand une fille pose cette question à un garçon, celui-ci deviendrait surpris, embarrassé et agité, mais je suis resté calme et je lui répondis calmement :

« Non. Je t’ai toujours considéré comme ma sœur. Pourquoi cette question? »

Elle lâcha un soupir :

« Bien, moi aussi je te considère comme un frère » me dit-elle avec une voix rassurée. « Tu es pas mal lent dans des situations de même et je ne voudrais pas être la personne à te le dire… Mais tu sais que tu ne devrais pas expliquer à une autre fille, surtout à celle avec qui tu t’entends super bien et encore moins devant une fille qui s’intéresse à toi! »

… Anna s’intéresse à moi?

« Je ne pense pas qu’elle s’intéresse à moi… »

« Alors pourquoi a-t-elle voulu passer une journée avec toi seul? Et pourquoi avait-elle l’air si triste et dévasté quand tu m’avais expliqué que ce n’était pas un rendez-vous galant? »

Je n’avais pas trop réfléchi à ces questions et je n’avais vraiment pas remarqué ça… Je me suis juste dit qu’elle agissait bizarrement…

Steph continua à me réprimander et finit par me dire que je devais coûte que coûte aller m’excuser.

~~~~~~~~~

Me revoilà devant le café Seaside… Je dois à tout prix m’excuser auprès d’Anna. Chaque pas que je fais vers la porte d’entrée me donnait l’impression qu’ils étaient lourds. J’étais assez nerveux, je ne pensais pas qu’Anna serait intéressée à moi… Après un moment d’hésitation, j’ouvris la porte, je rentrai à l’intérieur et je scrutai le café pour essayer de retrouver Anna.

Elle n’était nulle part. Je m’avançai vers le comptoir et demanda à une serveuse qui essuyait les tasses de café si Anna travaillait aujourd’hui. Quand elle s’est retournée, elle a tout de suite reconnu que j’étais un ami à Anna.

Sa réponse à ma question m’a grandement choqué…

« Tu es Félix n’est-ce pas? Anna n’est présentement pas ici, elle est à l’hôpital… »

À… L’hôpital?… Est-ce que c’est de ma faute?… Le sentiment de culpabilité commença à m’envahir.

« E-e-est-ce qu’elle va bien? » Lui demandai-je avec un peu de panique.

Elle me répondit qu’elle allait bien et que ce n’était pas quelque chose de trop grave malgré qu’elle ne sache pas trop ce qu’elle avait. Voyant que je m’inquiétais pour Anna, elle me donna l’adresse à l’hôpital où elle restait. Je la remercie et je sortis du café.

Sachant que ce n’est pas trop loin d’ici, je décide d’y aller en marchant, cela me permettra de réfléchir et de calmer un peu…

~~~~~~~~~

Malgré que je me sois calmé durant le trajet, me retrouver devant l’hôpital même a fait resurgir ma nervosité… Je pris une grande respiration et je rentrai dans l’établissement.

Il n’y avait pas beaucoup de monde à l’intérieur, il n’y avait que les docteurs et les infirmières qui se promenaient dans les corridors. Une infirmière est venue m’accueillir et me demanda si j’avais besoin d’aide. Je lui expliquai que je suis venu voir une amie. Elle me dirigea vers l’accueil et la personne responsable me donna le numéro de chambre d’Anna. C’était au deuxième étage.

~~~~~~~~~

Je me retrouvai devant une porte et je  regardai la plaquette qui indiquait le nom du patient qui était à l’intérieur. Anna Hope. C’était bel et bien sa chambre. Je pris une grande respiration pour me calmer et j’ouvris la porte.

Sur le lit se reposa une petite femme qui était vêtue d’une blouse et qui retournait doucement sa tête vers la porte qui s’ouvrait lentement pour regarder le visiteur entrer. C’était Anna, elle me regardait avec un air à la fois content, mais triste. Je m’approchai lentement d’elle et je m’assis sur la chaise qui était placée à côté de son lit.

Le silence régna… Comme durant notre sortie ensemble, l’atmosphère était très lourde… Je pris mon courage à deux mains et je lui présentai mes excuses pour cette journée qui lui a dû faire tant souffrir… Elle me regarda avec un air surpris et elle s’excusa à son tour avec un ton agité.

« Dit… Est-ce que tu es vraiment intéressé à moi? » Lui demandai-je avec un ton timide.

Anna rougit et me répond avec un ton timide et bas :

« Oui… Ma-mais ce n’est pas plus que ça! Ne te fais pas d’idée!! » Me reprocha-t-elle.

« Je vois. » Dis-je en riant.

Je lui expliquai que je ne savais pas trop si j’étais intéressé à elle ou non, mais qu’il est sûr que je ne la vois que simplement comme une amie pour l’instant. Elle esquissa un petit sourire et le silence est revenu.

Je lui demandai ce qui n’allait pas chez elle et pour quoi elle était à l’hôpital.

« Ah… En fait, je ne sais pas trop non plus… Tout ce que je sais c’est que j’ai des problèmes de poumons quand je commence à être trop excitée ou trop stressée… »

Trop stressée?… … C’est peut-être vraiment de ma faute qu’elle est présentement à l’hôpital… Voyant que j’avais l’air abattu, elle me dit que ce n’était pas de ma faute et que je devais sourire. Étrangement, je me suis mis à sourire et à me sentir rassuré. Elle m’explique qu’elle devrait pouvoir sortir de l’hôpital bientôt, ce qui me rassura encore plus.

Après une heure, je me suis dit que je devrais la laisser se reposer alors je décide de partir. J’ai promis que je reviendrai la visiter quand je pourrai. Elle me remercie d’être venu et s’excusa une autre fois de plus pour l’autre jour, je m’excusai aussi et je quittai la chambre.

En rentrant chez moi, je me suis souvenu des paroles à Adelide : « Tu risques de le perdre… » « Bonne chance… » Parlait-elle de mon amitié avec Anna? Si c’est le cas, je te remercie beaucoup mon auto-proclamé petite fille!

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